Quand on parle de « Tonton Steven », on s’émerveille presque d’avance à l’idée de découvrir ce que son esprit et son imaginaire, va encore pouvoir nous offrir.
Peu de réalisateurs se sont autant inscrits dans l’inconscient collectif et l’imaginaire de plusieurs générations,
Contrairement à d’autres cinéastes de sa génération, le réalisateur a prouvé ces dernières années qu’il n’avait rien perdu de son talent, avec des films comme Ready Player One ou même The Fabelmans.
C’est donc avec cet enthousiasme intact que j’attendais Disclosure Day.
Pour Spielberg, aujourd’hui âgé de 79 ans, le film ressemblait à un retour aux sources puisqu’il revenait à l’un de ses thèmes de prédilection : la découverte d’une intelligence extraterrestre.
Certains y trouveront sans doute leur compte et, dans l’absolu, Disclosure Day n’est pas un mauvais film. Mais lorsqu’on connaît la filmographie de Spielberg, difficile de ne pas constater qu’il se situe très en dessous des standards auxquels le réalisateur nous a habitués.
Écrit par David Koepp (Jurassic Park), Disclosure Day condense presque tous les grands thèmes spielbergiens : l’émerveillement, la famille, le mystère, l’inconnu… mais en réchauffé.
Interminable Torture !
Synopsis : Daniel Kellner, spécialiste de la cybersécurité travaillant pour la société Wardex, dérobe plusieurs archives classifiées remontant aux années 40 et prend la fuite avec sa compagne Jane.
Loin de là, à Kansas City, la présentatrice météo Margaret Fairchild se met à développer d’étranges capacités verbales et intellectuelles.

C’est avec un véritable goût amer que j’écris cette critique, tant le film évoque parfois un mauvais épisode de X-Files.
Le plus difficile à accepter reste sans doute de voir le nom de Steven Spielberg associé à un long métrage qui donne si souvent l’impression d’un téléfilm au budget confortable.
Du scénario à la direction d’acteurs, en passant par les dialogues et les rebondissements, tout semble chercher à reproduire les ingrédients qui ont fait la grandeur de son cinéma… sans jamais en retrouver la magie.
Le film accumule les clichés les plus éculés du genre, au point que l’on devine très rapidement la direction que souhaite prendre le récit. Heureusement, la mise en scène de Spielberg parvient à nous offrir quelques séquences visuellement inspirées qui parviennent à raviver brièvement l’intérêt, mais elles restent bien trop rares pour sauver un film qui, du début à la fin, donne le sentiment d’essayer de retrouver la magie de son auteur sans jamais y parvenir.
Côté casting, Emily Blunt incarne le relais humain d’une civilisation extraterrestre opprimée.
Fidèle à son talent, l’actrice tente bien de donner de l’épaisseur à son personnage, mais elle se retrouve prisonnière d’une écriture trop faible pour convaincre.
Même constat pour Colin Firth et Coleman Domingo, tous deux irréprochables dans leur investissement, mais incapables de transcender des personnages aussi peu inspirés.
👉Section Spoilers
Comme si cela ne suffisait pas, le film s’étire sur 2 h 12 et se noie dans d’interminables scènes de dialogues censées construire l’émotion. L’effet recherché ne fonctionne jamais : le rythme s’effondre progressivement et finit davantage par endormir le spectateur que par le toucher.
L’autre grand problème du film est son incroyable déconnexion avec notre époque. À l’heure des réseaux sociaux, où nous sommes quotidiennement confrontés à un flux incessant d’images parfois bien plus choquantes que la fiction, il paraît difficile de croire que quelques vidéos façon found footage montrant des crashs d’OVNI suffiraient à paralyser la planète entière.
Il est tout aussi difficile d’adhérer à cette idée selon laquelle les chaînes de télévision diffuseraient toutes le même message au même moment, tandis que l’humanité entière s’arrêterait, stupéfaite et soudainement unie dans une immense empathie collective. À une époque où l’on peut faire défiler des images de guerre en buvant son café du matin, cette représentation paraît complètement déconnectée du monde contemporain.
Minute après minute, Disclosure Day s’enfonce ainsi dans les poncifs conspirationnistes les plus caricaturaux : les méchants humains qui oppriment les gentils extraterrestres, sans la moindre nuance ni vraie réflexion.
Spielberg Low Cost
Comme si cela ne suffisait pas, le film s’autorise même une étonnante parenthèse mystico-religieuse pour délivrer un message particulièrement naïf sur le lien entre les êtres venus d’ailleurs et Dieu…On frôle le prosélytisme.
Ça me fait mal de l’écrire, mais Disclosure Day est sans doute le Spielberg le plus raté que j’aie vu.
Le public comme la critique ne s’y sont d’ailleurs pas trompés.
À peine un mois après sa sortie en salles, le film était déjà disponible en VOD sur certaines plateformes, symbole d’un échec commercial qui fait tache dans sa filmographie.
Ce revers s’inscrit malheureusement dans une tendance qui semble toucher plusieurs grands cinéastes en fin de carrière. À force de revenir sans cesse à leurs thèmes de prédilection, certains finissent par réaliser des œuvres qui ressemblent davantage à une caricature de leur propre cinéma qu’à une véritable évolution.
On pense notamment à Megalopolis de Francis Ford Coppola ou à Gladiator II de Ridley Scott : deux immenses réalisateurs dont les dernières œuvres peinent à retrouver la force, l’audace et l’inspiration qui ont fait leur légende.
Le plus frustrant, au fond, n’est pas que Disclosure Day soit un mauvais film.
C’est qu’il repose sur un sujet que Spielberg maîtrise mieux que quiconque. Avec E.T. ou Rencontres du troisième type, il a prouvé qu’il était le maître incontesté de l’émerveillement, du mystère et de l’émotion autour de la rencontre avec une intelligence extraterrestre.
Ici, pourtant, il ne reste qu’une pâle copie de son propre cinéma. Une œuvre qui recycle ses thèmes sans jamais retrouver la magie qui les rendait si puissants.
Disclosure Day restera donc comme une véritable sortie de route. Un faux pas que l’on pardonnera volontiers à l’un des plus grands réalisateurs de tous les temps, reste maintenant à espérer que ce film ne sera pas le dernier de sa carrière.
Spielberg mérite de refermer sa filmographie sur une œuvre à la hauteur de son immense talent, et non sur un échec aussi frustrant. Ce serait sans doute la plus belle façon de conclure le parcours de l’un des plus grands conteurs de l’histoire du cinéma.
Bande Annonce :
En savoir plus sur Sands-Tv
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
