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On l’appelait Robin Des Bois : Noirceur et conflit interieur !


Note : 3.5 sur 7.

Nouvelle séance de rattrapage — oui, je sais, je suis à la bourre — pour un film sorti début juillet et qui s’est fait largement éclipser par une concurrence plus que féroce !

Entre L’Odyssée et le dernier Spider-Man, le nouveau film de Michael Sarnoski a eu bien du mal à rivaliser côté box-office.

Et pourtant, malgré son passage relativement discret face aux blockbusters de l’été, le dernier né de la production A24 parvient tout de même à tirer son épingle du jeu.

Pas de tromperie sur la marchandise : The Death of Robin Hood (en V.O) est bel et bien un récit funeste, ou on y découvre un Robin des Bois complètement désabusé, rincé, qui n’attend finalement plus qu’une seule chose : une mort honorable.

Hugh Jackman y incarne le hors-la-loi de la forêt de Sherwood le plus célèbre de l’histoire, mais à l’automne de sa vie.

Pendant près de deux heures, le film nous plonge lentement dans l’abîme du personnage. Un homme qui s’emploie à rappeler qu’il n’est pas ce gentil bandit qui « prend aux riches pour donner aux pauvres ».

Non. Robin n’est ici qu’un voleur, voire un assassin peu glorieux, dont les légendes qui entourent son aura ne seraient finalement que pure fantaisie.

Et c’est peut-être là que le film devient particulièrement intéressant.

Car Hugh Jackman semble enfin sortir de son rôle de Wolverine pour incarner un autre personnage emblématique.
Mais, paradoxalement, ce Robin des Bois fait directement écho à Logan et, plus largement, à la carrière de l’acteur : celle d’un comédien qui a tenté à de multiples reprises de se défaire de son personnage le plus emblématique, sans jamais parvenir à s’en éloigner complètement.

Ici, pourtant, le parallèle fonctionne étonnamment bien. Même fatigue, même désillusion, même impression d’arriver au bout du chemin.


Bois Bandé

En 1224, Robin des Bois est un antihéros vieillissant, rongé par une vie de crimes et de violence.

Le film s’apparente davantage à une longue plongée dans les abysses d’un personnage qu’à un véritable film d’action.

D’ailleurs, de l’action, il y en a très peu !

Les combats, pratiquement tous filmés de nuit, sont rares mais particulièrement intenses. Éclairés presque exclusivement par les flammes et plongés dans une obscurité profonde, ils rendent chaque affrontement encore plus brutal et viscéral.

Entre The Revenant et The Northman, le film nous immerge dans les paysages sauvages de l’Irlande du Nord. Des forêts denses aux plages balayées par les vents, en passant par les eaux froides et déchaînées de la mer, Michael Sarnoski filme une nature aussi magnifique qu’hostile, qui colle parfaitement à l’état d’esprit de son personnage.

Légende d’automne

Tourné en grande partie dans des décors naturels, ce récit crépusculaire devient alors un véritable voyage au cœur de cette nature sauvage. On y suit Robin après une bataille qui le laisse quasiment mort sur une île, contraint de se reconstruire physiquement mais surtout intérieurement.

Sur sa route, le film aborde des thèmes finalement assez classiques pour ce type de récit consacré aux heures sombres d’un ancien héros : la transmission, le pardon et, finalement, le lâcher-prise face à la culpabilité.

Hormis un Petit Jean incarné par Bill Skarsgård, qui constitue quasiment le seul véritable point d’accroche et de repère du récit, on est aux antipodes du héros vertueux auquel les précédentes incarnations du personnage nous avaient habitués.


L’intime au cœur du récit

Malgré quelques ficelles scénaristiques que l’on voit parfois venir, le film réserve son lot de belles surprises, notamment grâce à un Hugh Jackman magistral.

L’acteur incarne brillamment un homme vieillissant, convaincu d’être condamné par ses propres fautes, et qui va retrouver une part de son humanité au contact de ceux qui croisent son chemin.

Parmi eux, Jodie Comer se distingue particulièrement dans le rôle d’une femme chargée de sa convalescence. À ses côtés, elle devient progressivement une figure essentielle de cette reconstruction, l’aidant à affronter ses craintes et les démons qui le hantent.

Ici, l’action n’est finalement qu’un moyen de faire avancer le personnage et de révéler ses émotions lors de quelques moments charnières. Même l’arc, pourtant indissociable de la légende de Robin des Bois, est utilisé avec parcimonie. Il devient surtout un outil de transmission lorsqu’il apprend progressivement ses talents d’archer à une jeune fille à laquelle il va peu à peu s’attacher.

The Death of Robin Hood prend ainsi la forme d’un véritable conte crépusculaire, dans lequel on accompagne Robin sur le chemin de la rédemption, au cœur d’une nature aussi belle qu’impitoyable.

La musique, volontairement discrète, participe elle aussi à cette atmosphère. Quelques apparitions musicales viennent ponctuer le récit avec une partition profondément atmosphérique, parfaitement raccord avec le ton introspectif du film.

Malheureusement, avec ses deux heures, The Death of Robin Hood souffre parfois de quelques longueurs, notamment dans sa deuxième partie. Le récit donne alors l’impression de chercher sa direction et peine par moments à trouver la meilleure façon de conclure son histoire.

C’est d’autant plus dommage que tout ce qui précède avait installé un véritable voyage intérieur autour de ce Robin des Bois plus sombre que jamais.


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