Source:©filmbooster.fr

Obsession : Aimer à en crever !


Note : 6 sur 7.

Séance de rattrapage pour LE petit film d’horreur indépendant devenu, en seulement quelques semaines après sa sortie, le véritable phénomène ciné de l’année !

Sorti de nulle part… ou presque, puisqu’il est né sur YouTube, Curry Barker signe une entrée fracassante dans la cour des grands. Avec ce premier long métrage, le réalisateur livre une œuvre impressionnante de maîtrise, aussi bien sur la forme que sur le fond, portée par un concept d’une redoutable efficacité, et parfaitement ancré sur les préoccupations de notre époque.

À l’heure de #MeToo, des « red flags », des applications de rencontres, des relations de plus en plus éphémères et, plus largement, d’une société où l’individualisme prend une place grandissante, le cinéaste met les pieds dans le plat en posant une question aussi simple que vertigineuse :

Et si la personne dont vous êtes secrètement amoureux depuis des années devenait, du jour au lendemain, folle d’amour… au point d’être prête à tuer pour vous ?

Le film se transforme alors en un véritable terrain de jeu pour le malaise, enchaînant les séquences de plus en plus oppressantes avec une montée en puissance horrifique parfaitement maîtrisée.
Une démonstration de savoir-faire d’autant plus bluffante qu’il s’agit d’un tout premier long métrage.

Pas étonnant, dès lors, que Obsession soit devenu un véritable phénomène. Rarement un film aura poussé aussi loin la logique de l’obsession amoureuse, au point de donner l’impression que les plus célèbres faits divers ayant nourri les chroniques judiciaires paraissent presque sages en comparaison de la spirale infernale imaginée par Curvy Baker.


Nothing else matters !

Avec ses 1h40, Obsession est un régal du début à la fin, naviguant constamment entre le thriller horrifique et le film d’angoisse fantastique.

Le scénario reste relativement basique, mais il se révèle redoutablement efficace. Son format resserré permet de maintenir une tension permanente, au rythme constant, tout en multipliant les idées de mise en scène horrifiques aussi surprenantes qu’inventives. Le tout est porté par un duo d’acteurs encore peu connus mais phénoménaux dans leurs rôles respectifs, avec une mention spéciale pour Inde Navarette, qui porte littéralement le film sur ses épaules.

Capable de passer en une fraction de seconde d’un dialogue calme à une explosion de folie, Nikki devient rapidement imprévisible. On se demande en permanence quel sera son prochain coup tordu. D’abord accueillie avec surprise par le cercle d’amis du couple, cette relation va très vite inquiéter Bear, qui commence à confier à son entourage que Nina devient de plus en plus étrange.

Source© : artisitkrezo.com
« Careful what you wish for » !


Michael Johnston qui interprète Bear, est lui aussi excellent dans le rôle de ce jeune introverti qui met la main sur un objet magique capable d’exaucer n’importe quel souhait. Le spectateur plonge alors avec lui dans un véritable cauchemar éveillé, porté par une montée progressive du malaise et de l’horreur parfaitement maîtrisée.

Le film enchaîne les séquences marquantes en détournant les gestes les plus ordinaires de la vie de couple vers l’horreur pure : du déjeuner au goût de chat mort jusqu’à la soirée entre amis qui dégénère complètement.

Au-delà de son efficacité horrifique, Curry Barker n’oublie jamais de développer la psychologie de ses deux protagonistes. Nikki gagne ainsi en profondeur à travers les rares instants où elle reprend le contrôle de son corps et supplie qu’on la tue pour mettre fin à son calvaire.

Obsession fait partie de ses films qui n’oublie pas de prendre plusieurs angles pour explorer la toxicité de chacun.
Celle de l’être possédé, bien sûr, mais aussi celle de Bear, dont le vœu naît d’un égoïsme profondément humain. Confronté aux conséquences de son acte, il est progressivement poussé dans ses derniers retranchements, traversant toutes les étapes possibles pour tenter de briser la malédiction qui le ronge de culpabilité.

Une véritable évolution psychologique se dessine au fil du récit, portée à la fois par le rapport de force qui s’installe entre les deux protagonistes et par les épreuves qu’ils traversent, les amenant chacun à remettre en question leur propre part de toxicité.


50 nuances de malaise !

Sur la forme, Obsession impressionne tout autant. Pour un premier long-métrage, Curry Barker fait preuve d’une étonnante maîtrise de sa mise en scène. Les jeux de lumière, les arrière-plans volontairement flous et le travail sur les ombres installent une tension constante.
Chaque apparition de Nikki est soigneusement orchestrée, le spectateur ne sachant jamais à quel moment elle surgira.

Cette mise en scène ne fonctionnerait cependant pas aussi bien sans l’incroyable prestation d’Inde Navarrette. Son regard, sa gestuelle et ses expressions deviennent de véritables armes au service de l’horreur. Qu’elle affiche un sourire innocent, éclate d’un rire dérangeant, attende immobile derrière une porte ou se contente d’observer Bear en silence, elle dégage une présence aussi fascinante qu’inquiétante. À chaque apparition, elle renforce un peu plus le malaise.

Il est difficile d’imaginer Obsession sans une interprétation d’une telle intensité. Pour son premier grand rôle, Inde Navarrette porte littéralement le film sur ses épaules et confirme un talent immense. Comme dirait l’autre : « Elle a tout d’une grande ! »

Le long-métrage trouvera également un écho particulier auprès de tous ceux qui ont déjà connu une relation à sens unique ou sont restés dans la friend zone. Derrière son concept fantastique, le film détourne avec intelligence le célèbre adage « Prenez garde à ce que vous souhaitez » en insufflant même parfois des touches d’humour noir.

Cela faisait des mois que je voulais enfin découvrir cette sensation horrifique dont tout le monde parlait.
Après avoir conquis aussi bien la critique que le public, Obsession confirme pleinement sa réputation et ne m’a clairement pas déçu.

Sorti en juin 2026 et désormais disponible en VOD, le film est déjà un véritable phénomène.
Avec un budget estimé à seulement 750 000 dollars, il a rapporté, au moment où j’écris ces lignes, plus de 350 millions de dollars à travers le monde. Une performance tout simplement exceptionnelle, qui lui permet au passage de détrôner Le Projet Blair Witch et de devenir le film le plus rentable de l’histoire.

Bande Annonce :


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