Aujourd’hui retour sur le dernier film de James Vanderbilt qui nous replonge sur le procès le plus tristement célèbre de l’histoire.
Ce n’est évidemment pas la première fois que le cinéma s’empare de ce sujet brulant, le célèbre « de Nuremberg à Nuremberg » en 1989 a évidemment fait date comme une des références en matière de documentaire, devenu aujourd’hui indispensable.
Plusieurs fictions ont bien tentés elles aussi de s’emparer de cet événement majeur sans réellement arrivé à retranscrire l’intensité et la charge extrême d’un tel procès.
Avec un tel poids sur ses épaules, Vanderbilt à donc choisi d’opter pour un angle différent en tentant d’adapter le roman Le Nazi et le Psychiatre, du journaliste américain Jack El-Hai, ou l’histoire se concentre d’avantage sur la relation entre Douglas Kelly psychiatre mandaté par les alliés, et Herman Goering numéro 2 et bras droit d’Hitler.
Il était une fin !
Partagé entre la tentation de tous les fusiller sans remords ou au contraire de ce montrer plus digne en établissant un procès sans précédent, la première partie nous plonge dans un monde post seconde guerre en pleine reconstruction.
Le récit s’axe autour de trois principaux protagonistes avec Michael Shannon en procureur américain, Rami Malek dans le rôle du psychiatre, et évidemment Herman Goering incarné par un Russel Crowe qui trouve, entre deux mauvaises séries B, enfin un rôle ou son jeu parvient a rester à peu près crédible.
Trois points de vues différents qui nous font vivre les préparatifs d’un procès dans précédent à travers les coulisses et préparatifs aussi bien humains, moraux, ou matériels d’un tel procès, avec au centre une relation entre le psychiatre et le général Nazi qui va évidemment s’intensifier jusqu’à atteindre un point de non retour.

Le scénario bascule entre la relation Kelly/Goering et les dignitaires nazis,
auxquels le scénario accorde un minimum de développement : Hess feint l’amnésie, Speer joue la contrition.
Face à eux, des juges américains, britanniques, français et soviétiques, ainsi que le gotha de la presse internationale.
Le film place ainsi ses pions avec habileté, tous articulés autour d’une même question, d’une même angoisse : quelle sera la ligne de défense des nazis ? Et que se passerait-il s’ils étaient juridiquement reconnus non coupables ?
Le Poids de l’histoire
Les relectures contemporaines d’événements majeurs tels que celui ci sont évidemment toujours risqué pour ne pas dire « casse gueule »…
En adaptant le point de vue du roman, Vanderbilt parvient à intriguer au début mais malheuresement par la suite le film ne décolle jamais vraiment et reste bien trop théorique pour qu’on soit surpris par les révélations cencés nous émouvoir.
👉Section Spoilers
L’exemple le plus criant reste probablement la scène de la confession/révélation du soldat au psychiatre sur le quai de la gare;
séquence qui illustre parfaitement un scénario qui bascule dans le « tire larmes » tout ca pour que Douglas Kelly prenne conscience de l’enjeu historique de ce procès…( oui parce que sinon il aurait pas compris tout seul ! 🙄)
On à évidemment droit à toutes les étapes marquantes du procès de Nuremberg bien connu des historiens , comme la ligne de défense indéfendable de Goering à la barre, ou encore la diffusion des archives vidéos des camps de concentrations en plein audience qui fera détourner les yeux de la plupart des responsables Nazis.
Mais avec son approche plus Hollywoodienne , ce Nuremberg tombe parfois dans le piège du Blockbuster historique un poil trop artificiel pour que l’on ressente ne serait qu’un fragment de la réalité de ce procés sans précédent.
En voulant à la fois faire un thriller psychologique avec la relation entre Douglas Kelly / Hermann Goering, et également un film de procès, le film ne tranche vraiment jamais et l’on retient plus une succession de séquences qu’une vraie trame narrative tenue tout du long !
Nuremberg donne le sentiment d’un film appliqué, respectueux de son sujet, mais qui reste en surface. Il ne cherche ni la provocation, ni la relecture radicale. Il avance avec prudence. Peut-être trop.
On aurait pu attendre une tension morale plus forte, un point de vue plus affirmé, une véritable proposition de mise en scène. À la place, on obtient un film parfois intéressant, souvent mesuré, qui repose largement sur la performance de Russell Crowe.
Il ne s’impose ni comme une œuvre définitive sur le procès de Nuremberg, ni comme une relecture marquante du genre judiciaire. Il fonctionne par moments, interroge par instants, mais laisse une impression d’inachèvement.
Reste une chose : le rappel que ce procès a posé les bases d’une justice internationale confrontée à l’irreprésentable. Même lorsqu’il peine à trouver sa forme, le film rappelle que juger l’Histoire ne consiste pas seulement à condamner, mais à comprendre les mécanismes qui ont rendu l’horreur possible.
Et sur ce point, malgré ses hésitations, il conserve au moins une forme d’utilité pour les jeunes générations.
