L’heure est venue de parler de la controverse ciné de cette année avec LE Biopic de tous les dangers !
Attendu pour certains , craint par d’autres, après un peu plus d’une semaine d’exploitation depuis sa sortie, on peut dire que le film à déjà fait couler beaucoup d’encre.
Comme tous les gens de ma génération j’ai grandi avec sa musique qui m’a accompagné tout au long de l’adolescence, je ne me considérerai pas dans la catégorie du fan « Hardcore » mais disons que j’ai tout de même eu une grosse phase à l’époque de la sortie de l’album « Bad » jusqu’à « Invincible » ou j’étais dans le vortex M.J ( allant même jusqu’à faire ma groupie devant un Hôtel de Monaco pendant des heures ).
Risqué, casse-gueule, intransposable…Voila les qualificatifs qui me sont immédiatement venus à l’esprit à l’annonce du projet, renforcés plus tard à la sortie de la bande annonce.
Lors de sa première diffusion et de l’apparition de Jaaffar Jackson dans la peau de son oncle l’imitant jusque dans la voix, j’étais très sceptique pour ne pas dire hostile à ce projet qui pour rappel est initié et produit à 100% par une partie d’un clan Jackson plus que divisé.
C’est donc pour toutes ses raisons qu’on se dit forcément qu’on va avoir droit à un film aseptisé, se forçant à gommer chaque face sombre d’un artiste musicalement phénoménal mais humainement pour le moins… »discutable » !
Alors est ce une torture interminable pour tous fans du moonwalk ?? Ou y a t il une lueur d’espoir sur ce Biopic d’un artiste aussi unique et incroyable que MJ ?!…
Man in the Movie ( Sans Spoilers )
Pour commencer, il faut tout d’abord revenir sur le cas Jaaffar Jackson, Neveu et donc interprète choisi pour incarner Michael !
Sur ce point précis on peut dire que l’acteur arrive tout de même a rassurer en offrant une interprétation certes très « candide » et innocente de M.J, mais qu’il arrive à s’approprier à une certaine mesure, notamment dans les scènes de conflits entre lui et Joe Jackson.
Concernant le chant, le choix a été fait d’utiliser directement la voix de Michael ( légèrement agrémenté d’I.A), ce qui renforce encore un peu plus l’authenticité des séquences musicales.
Au delà de la ressemblance physique remarquable, Jaafar Jackson à subi un entrainement ultra intensif pour arriver à reproduire une bonne partie des performances chorégraphiques de son oncle, et arrive à nous offrir une sorte de version alternative de Michael qui fonctionne complètement à l’écran.

Dans la peau de Joe Jackson on retrouve Coleman Domingo qui est lui aussi parfait dans son rôle de père tyrannique , à la fois menaçant, sans scrupules, et prêt à tout pour exploiter le talents de ses fils jusqu’à la moelle.
Un conflit père-fils au cœur du film qui va se développer à mesure que la carrière de Michael évolue, donnant lieu à des faces à faces intenses et plutôt bien interprété.
La narration visuelle Malheureusement cette relation toxique reste pratiquement l’unique sujet de la vie privée du chanteur abordée « frontalement », au delà hé bien le film reste constamment en surface.
Lisse mais tout de même Galvanisant !
Le film ayant subi plusieurs remontages, le réalisateur Antoine Fuqua a dû s’adapter au mieux aux exigences de scénario imposées par le clan Jackson.
Malgré ces contraintes, il parvient à glisser, par le biais d’une narration visuelle dynamique, quelques moments clés de la vie personnelle de M.J au milieu des grandes étapes de sa carrière musicale.
De sa rencontre décisive avec Quincy Jones aux sessions d’enregistrement, jusqu’à la genèse de clips devenus cultes.
Le film enchaîne ainsi reconstitutions de performances scéniques et processus de création, porté par un rythme effréné.
Très honnêtement, difficile pour le fan de bouder son plaisir face à ce gigantesque best of des plus grands morceaux de ces années-là.
On est immédiatement embarqué dans la flamboyance des rythmes et des chorégraphies de Michael Jackson, mais au-delà de cette réussite formelle, je regrette que cela constitue presque l’unique attrait du film.
Aucune mention de sa relation avec Diana Ross, Janet Jackson est totalement absente, son amitié avec Elizabeth Taylor est évacuée, et John Branca est dépeint de manière quasi irréprochable. Bref, une multitude d’aspects de sa vie personnelle sont, au mieux, réécrits, au pire ignorés.
Le film s’impose alors comme une fiction lisse, soucieuse de ne jamais ternir l’icône, avec pour mot d’ordre d’être accessible et consensuel.
D’une certaine façon, il adopte le regard du public de l’époque : celui d’un Michael Jackson encore largement idéalisé, dont l’image, soigneusement maîtrisée, restait relativement intacte aux yeux du grand public.
Il ne faut donc pas s’attendre à une œuvre engagée ou clivante sur un artiste aussi révolutionnaire musicalement qu’ambigu sur le plan humain, mais plutôt à la chronique TRÈS encadrée de l’ascension d’un artiste hors normes.
Au final, un film plaisant, mais qui ne cherche jamais à fissurer le vernis de l’icône.
On pardonne en partie cette première approche grâce à un produit globalement bien emballé, mais on espère que la suite saura aller plus loin.
Entre l’emprise des addictions et l’émergence des affaires judiciaires, il serait temps de montrer un Michael plus nuancé, plus faillible, et surtout plus proche de la réalité.
