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Sirat : Un film qui laisse des traces !


Note : 5 sur 7.

Séance de rattrapage avec le tonitruant film d’Oliver Laxe qui à su enflammer la croisette de Cannes et qui à remporté les louanges de la critique et du public.

On sait que Cannes peut parfois avoir la main lourde — on se souvient de prix du jury discutables — mais ici, difficile de contester; Sirat est un film sensoriel, radical, inattendu, qui divise autant qu’il marque.
Une expérience plus qu’un simple film.

Je m’y suis lancé sans rien savoir de l’histoire ni du propos…une surprise redoutable plus qu’un véritable choc !


Le désert comme terrain d’errance

Dès les premières minutes, le ton est donné : les vagues de basses embaument le métrage, portées par un plan hypnotique sur une foule de teufeurs ondulant au rythme du son.
Le décor s’impose immédiatement : le désert marocain, brûlant, aride, presque irréel.

C’est au cœur de free-party organisées en plein désert que le film prend place.
Un environnement qui colle parfaitement à l’atmosphère du récit, entre abandon, perte de repères et quête d’absolu.

On y suit Sergi Lopez en père de famille déambulant parmi les teufeurs, tentant désespérément de retrouver sa fille disparue lors de l’une de ces fêtes. Il est accompagné de son fils, Esteban. Ensemble, ils sillonnent les différents spots à la recherche d’indices, jusqu’à croiser une bande de marginaux qui les entraînera bien plus loin que ce qu’ils auraient pu imaginer.

Source©: telequebec.ca
Lost in Translation !

Le son est au cœur de Sirat.
Omniprésent, organique, il est pensé pour transcender le corps, à travers le mode de vie des tefeurs qui recherchent avant tout à « triper » dans le sens strictement spirituel grâce aux BPM ( battements par minute ) savamment calculés pour provoquer une réaction physique, sensorielle, presque instinctive. Pas besoin de drogues pour ressentir l’harmonie ou la montée : la musique suffit.

Un trip qui se transmet aussi au spectateur avec une bande originale, absolument transcendante, qui joue ici un rôle central.
Chaque morceau accompagne l’émotion du moment avec une justesse impressionnante. Le son ne souligne pas l’image : il la guide, la déforme, l’intensifie

Visuellement, le film n’est pas en reste.
Oliver Laxe compose des plans sublimes dans un décor aride qui évoque parfois Mad Max ; Aux côtés de Sergi López, impressionnant en père de famille, on retrouve une bande de véritables teufeurs, tous rencontrés par Laxe au fil de raves.

Un casting sauvage qui apporte une authenticité rare : ici, les personnages ne jouent pas, ils existent simplement, portés par leur propre quête de transcendance.

Le décor s’impose alors comme un personnage à part entière. Le soleil écrasant, le sable, la poussière omniprésente : tout concourt à cette sensation de fin du monde. Les corps deviennent des extensions de la musique, filmés dans une transe collective aussi fascinante qu’inquiétante.


Entre extase et chute

Mais Sirat ne se contente pas d’être une expérience sensorielle.
Le scénario surprend, parfois violemment, Les rebondissements sont nombreux et inattendus, laissant souvent le spectateur sans voix.
Certaines séquences s’impriment durablement sur la rétine, provoquant un mélange de choc, de fascination et de malaise..

Le titre du film prend alors tout son sens.
Sirat désigne, en arabe, le pont entre l’enfer et le paradis — une définition rappelée dès le début du film.
Et c’est précisément sur cette ligne fragile que le récit avance.

Entre enceintes crachant des basses, corps en quête d’extase, parfois mutilés, parfois perdus sous LSD, et une mort brutale qui surgit sans prévenir pour interrompre ces moments de grâce, le film oscille constamment entre lumière et ténèbres.


👉Section Spoilers

Dans ce désert marocain, on comprend peu à peu qu’une Troisième Guerre mondiale est en train de se jouer en arrière-plan.
Mais rien n’est frontalement expliqué.

C’est le peut etre LE point faible du métrage : Une facilité scénaristique qui n’apporte aucune réponse et frustre un peu en laissant le spectateur imaginer ce que deviendra ce monde une fois le train arrivé en gare.

15 ou 20 min de plus n’aurait pas été de trop !
Après avoir tellement monté la sauce dans le derniers tiers du film, j’aurai apprécié un final peut être un poil plus assumé et concret…Même si clairement ce n’était nullement l’intention du réalisateur.

Avec un final volontairement frustrant, je ne serai peut-être pas aussi dithyrambique que certains critiques, mais Sirat reste un film profondément original.

Une œuvre qui oscille entre le rêve et l’abîme, portée par des basses résonnantes, une esthétique bluffante et une puissance sensorielle rare.

Un film d’ambiance radical, qui ne laisse pas indemne… et c’est sans doute là son véritable mérite.

Voir le film :

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