Source©: Première.fr

L’Homme qui rétrécit : dans la cour des grands !


Note : 4 sur 7.

Enfin une production française qui nous offre un film qui sort des sentiers battus et rentre directement dans la catégorie de ses films audacieux et ultra ludique.

En se basant sur le roman du même nom, le réalisateur Jan Kounen remake le film de Jack Arnold sorti en 1958 en repensant l’approche du récit, en gardant évidemment son coté aventure fantastique mais en y ajoutant aussi un léger sous texte sur la condition humaine qui donne à l’ensemble une dimension encore plus terrifiante.

18 ans après 99 francs , le duo Jan Kounen- Jean Dujardin se retrouve à nouveau et semble toujours aussi en phase l’un envers l’autre avec une véritable alchimie qui transparait à l’écran entre l’univers décalé de Kounen et la partition de Dujardin qui s’insère parfaitement en y mêlant effroi et stupeur.


Dujardin Quantique

Paul est un homme à la vie en apparence banale et bien rangée qui, au cours d’une sortie en mer, va se retrouver face à un mystérieux phénomène météo qui va rapidement faire basculer son existence.

Source :©laliberte.ch
Duel au sommet

Aux rayons des qualités : Le spectacle est bien au rendez vous !

Jan Kounen nous plonge des le début dans une tension latente qui s’installe progressivement,
Ce qui démarre comme un « mal étrange » bascule très vite dans le fantastique pur et dur.

Avec un mélange d’effets visuels et de véritables décors géants l’impression de gigantisme et le rapport d’échelle sont saisissants.
Que ça soit la proportion de Jean Dujardin à mesure qu’il rétrécit ou les éléments extérieurs, tout a été pensé en amont pour à chaque fois donner la mesure avec une précision redoutable des objets, animaux et autres éléments modifiés.

On est visuellement complètement immergé avec un scénario rythmé par le décompte des jours qui défilent, comme chapitres des différentes étapes du rétrécissement de Paul laissant au spectateur le temps de s’imaginer quel sera le prochain ( et encore plus gros ) enjeu a relever.

Autre point positif le travail sur le sound design !
la aussi un soin remarquable apporté aux fluctuations du son à mesure que Dujardin rétrécit avec le son de sa voix qui s’abaisse mais surtout avec les sons qu’il perçois lui qui se font de plus en plus intenses suivant les situations.

Avec un seul et unique décor, le film devient un huis-clos oppressant dans lequel on est constamment en train de se demander ce que l’on ferait à sa place !


Comme les grands !

Honnêtement mon ressenti à propos du film est encore assez mitigé.
D’un coté je lui trouve énormément de qualités et d’un autre coté je ne peux pas m’empêcher de ressentir une légère frustration, en particulier dans le dernier tiers du film qui choisit la facilité en coupant l’herbe sous le pied du spectateur.

Malgré d’évidentes faiblesses, comme ses rebondissements qu’on devine un peu facilement, on retient toutefois Un film dont la démarche sincère transparait à l’écran.

👉Section Spoilers

Aux rayons des défauts on à la caractérisation des personnages de Marie Josée Croze et de Daphné Richard ( respectivement la femme et la fille ) qui disparaissent un peu vite du récit et dont on aurait bien aimé connaitre la façon dont elles vivent la situation.

Avec l’idée du symbolisme et de la métaphore philosophique…Jan Kounen choisit une fin ouverte sans prendre de risque.
Un parti-pris qui laisse un peu perplexe surtout en après fait traverser à son protagoniste quantité d’aventures…et de finalement brusquement stopper son récit d’aventure pour offrir une fin certes poétique mais qui reste un peu « facile ».

Comme une catharsis le film bascule dans son dernier quart dans l’onirisme avec un discours sur la condition humaine comme remède face à un monde si hostile !



Au final la promesse d’aventure immersive est tout de même bien tenu, avec des effets visuels ultra soignés et un travail sur le son remarquable , le film reste dans le haut du panier des productions françaises récentes

Malheureusement boudé par les spectateurs lors de sa sortie en salles, le film n’a pas franchement brillé au box office, un constat bien malheureux pour un film français qui méritait pourtant un meilleur accueil.

Avec son rapport au minimalisme « Lovecraftien » Jan Kounen parvient à créer à la fois du spectacle et du suspense dans un film fantastique qui n’a rien à envier au cinéma hollywoodien.

Le réalisateur trouve peut être ici son plus bel écrin, avec ce concept fantastique sur fond de crise existentielle, il nous offre probablement un de ses films les plus aboutis formellement.

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