Source©:telequebec.tv

Note : 3.5 sur 7.

Séance de rattrapage avec ce film à enquête sorti en 2022, qui reste dans la lignée de ce que nous propose le cinéma Belge de ces dernières années, avec ce même cocktail d’enquête poisseuse et de personnages louches autour d’un scénario et d’une atmosphère pesante.

Après avoir récemment découvert le Dossier Maldoror, je dois dire que le cinéma Franco-Belge à su me séduire en multipliant les propositions différentes notamment dans le genre thriller noir.

Ici on reprend le schéma d’une fiction inspirée de faits réels ou, La Fameuse nuit du 12 dans les environs de Grenoble, Clara une jeune fille de 19 ans à été brulée vive par un individu dont à jamais découvert l’identité.

Avec un récit qui va plus loin que le simple film d’enquête, le réalisateur Dominik Moll nous plonge dans les rouages et les répercussions humaines d’un assassinat si brutal qu’il va exacerber les émotions et provoqué bien des dommages collatéraux pour les protagonistes au cœur de l’enquête.

Avec Bastien Bouillon et Bouli Lanners en tête de cortège, on plonge dans la dure réalité et la frustration de Policiers impuissants face un système qui montre très vite ses limites.

D’ailleurs le réalisateur donne des le début le ton du film, en glissant ce message comme note d’intention : « …Seul 80% des assassinats sont résolues, 20% ne le seront jamais…! »


A bout de souffle !

Un film d’enquête c’est sur … mais surtout un récit sur les conséquences humaines et les dommages collatéraux de ces 20% sur la vie d’hommes et de femmes policiers qui vont se retrouvés foudroyés par une enquête devenue l’obsession d’une vie pour certains.

Une équipe…Sans imprimante

En relatant ce fait divers terrifiant sur l’assassinat de la jeune Maud survenu en 2013, Dominik Moll se sert des codes du Polar traditionnel avec scènes d’interrogatoires, découvertes d’indices, et autres révélations de suspects, Pour les implanter au cœur d’un récit axé sur les rouages d’un système policier et judiciaire trop souvent englués et grippés.

Du flic rincé à quelques années de la retraite, en passant par le capitaine de Police fraichement nommé chef d’équipe, ou encore la jeune recrue pleine de bon sentiments à l’égard de sa profession face a des collègues plus abimés part des années d’enquêtes à la P.J.

Les scènes d’interactions entre tous ses différents profils fonctionnent parfaitement et ajoute encore un peu plus de réalisme sur la profession avec des idéologies ou des points de vues parfois radicalement différent…Y compris sur le meurtre de Clara !

Féminicides, injustices, frustrations, dérives…Des thématiques fortes au sein d’un film qui s’attache à démontrer comment différents ingrédients ont indirectement pousser à ce passage à l’acte ignoble.

On multiplie les interrogatoires et les suspects avec des profils très différents d’hommes et de femmes au degré de toxicité différent, du malheureusement trop banal « batteur de femme » au casier chargé ( diablement bien interprété par Pierre Lotin ), à l’admirateur secret a priori inoffensif mais bien instable psychologiquement,
On explore toute une palette de dérives sans jamais tomber dans un schéma trop caricatural.


Tourner à vide !

Le récit dresse le constat d’un système contraint de laisser parfois filer des meurtriers bien réels, au grand dam de policiers vertueux mais totalement impuissants. Une réalité glaçante, loin de toute fiction rassurante, qui confère au film une force supplémentaire.

C’est d’ailleurs le mot qui me frappe le plus lorsque je repense au film : l’impuissance.
L’impuissance d’un système incapable d’attraper le véritable coupable, celle de fonctionnaires prêts à tout mais entravés dans leurs tâches, l’impuissance de femmes sous emprise de la violence, et celle d’une génération désinhibée face à la mort…

Ici, pas de coupable idéal ni de conclusion cathartique : la vérité échappe, comme dans la réalité. Et c’est précisément cette frustration, profondément humaine, qui rend La Nuit du 12 encore plus réaliste et troublant.

Le spectateur reste pourtant accroché, porté notamment par la prestation remarquable de Bastien Bouillon, qui incarne avec justesse le désarroi et la colère contenue d’un capitaine de police marqué au fer rouge par son affaire non élucidée.

Avec un parti pris formel flirtant avec le docu-fiction, la réalisation demeure volontairement sobre et montre rapidement les limites…Mais là encore, ce n’est pas ce que l’on vient chercher.

Froid, brutal, authentique, La Nuit du 12 s’en tient à l’essentiel !
On plonger de la manière la plus brute qui soit dans une enquête sans réponse, rappelant que la réalité n’offre pas toujours de coupable ni de réparation — et surtout que l’on n’en ressort jamais indemne.

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