Aujourd’hui dans les News…on parle gros sous !
On se penche aujourd’hui sur deux films et surtout sur leurs box-offices respectifs. Deux cas d’école qui reflètent assez bien les choix du public ciné en ce moment, avec deux films qui ont surpris, chacun à leur manière, aussi bien dans le bon que dans le moins bon. Comme quoi, à Hollywood, sortir le chéquier ne garantit pas forcément de remplir les salles !
Deux productions à très gros budget qui illustrent finalement assez bien l’ambiance actuelle du cinéma et les attentes des spectateurs. D’un côté, une belle surprise, de l’autre, une douche froide. Bref, deux salles, deux ambiances, et quelques enseignements intéressants à tirer de tout ça !
Marvel fait toile neuve !
Je ne vais pas répéter à nouveau à quel point le M.C.U m’avait complètement perdu depuis sa phase 4 épouvantable, enchaînant les bouses et les films médiocres, sans plus aucune cohérence, avec cette excuse pitoyable du multivers qui ressemblait davantage à un aveu d’échec qu’à une véritable direction artistique.
Hormis quelques exceptions comme Deadpool 3 ou Les 4 Fantastiques, l’univers qui m’avait tant fait rêver à ses débuts semblait poussiéreux et complètement à la ramasse depuis quelques années.
Autant dire que je faisais partie de ceux qui ne donnaient pas cher de la peau de ce nouveau Spider-Man. Un énième film Marvel qui, à mes yeux, risquait surtout de confirmer le déclin d’un univers cinématographique à bout de souffle.
Et pourtant, Spider-Man: Brand New Day, sorti cet été dans les salles obscures, a pris tout le monde à contrepied !
Avec plus de 2,5 milliards de dollars de recettes mondiales, il talonne désormais Avengers: Endgame et ses 2,85 milliards, s’imposant comme l’un des plus gros succès de l’histoire du cinéma.

Et pour une fois, je dois bien reconnaître que le succès est loin d’être immérité. J’ai moi aussi ressenti une nette amélioration sous la réalisation de Destin Daniel Cretton, qui nous offre un nouveau volet de l’homme-araignée ne se contentant pas de faire du fan service (même s’il y en a tout de même), mais proposant avant tout un véritable film d’aventure.
Spider-Man a enfin droit à de superbes scènes de voltige et d’action, tandis que le scénario, sans être exempt de défauts, évite de s’enliser dans une intrigue trop poussive. L’intégration d’autres personnages Marvel ne vient pas non plus étouffer le récit principal, ce qui est suffisamment rare pour être souligné.
Un bon film, certes imparfait, mais qui respecte au moins son personnage principal et parvient presque à se suffire à lui-même, en s’appuyant solidement sur ses personnages, son récit et sa réalisation.
Mais au-delà de ses qualités cinématographiques, c’est surtout son succès titanesque au box-office qui nous intéresse ici.
Car ce résultat vient rappeler une chose assez simple : lorsque le public estime qu’un film vaut le déplacement, il est encore parfaitement capable de remplir les salles. Et cela vaut aussi bien pour un blockbuster de super-héros que pour n’importe quel autre genre cinématographique.
Cruise et sa mission impossible !
Maintenant, penchons-nous sur un autre film, lui aussi symptomatique des choix du public… mais de l’autre côté de l’échelle cette fois !
Le dernier film d’Alejandro González Iñárritu, avec en tête d’affiche Tom Cruise dans le rôle d’un magnat milliardaire du pétrole : Digger !
Un film qui, a priori, partait tout de même avec de sacrés atouts dans sa manche, à commencer par un duo réalisateur-acteur inédit jusque-là.
Après avoir fait le cascadeur pendant plus d’une décennie, Tom Cruise revient enfin dans un véritable rôle de composition, vieillissant et grimé pour l’occasion.
Combiné à l’univers d’Iñárritu, à la fois étrange et incomparable, on pouvait s’attendre à un succès relatif, dans la veine de Birdman ou de The Revenant.
Formellement, le film est impeccable. Certes, son parti pris d’être tourné en VistaVision lui donne un aspect très rétro, auquel viennent s’ajouter des décors et une esthétique volontairement très « carton-pâte ». On découvre ainsi un film singulier, avec un Tom Cruise grimé en vieux réactionnaire, adepte des santiags et accompagné de son chat de 28 ans.
Puis arrive très vite un twist qui bouleverse tout ce que l’on vient de voir… Et c’est bien là le problème !

Malgré un sous-texte particulièrement intéressant, le film finit par enfoncer quelques portes ouvertes, surtout en 2026, à l’ère Trump, où les caricatures proposées à l’écran font parfois pâle figure face à la réalité du monde actuel.
Une caricature de la caricature, c’est comme en maths : plus + plus, ça s’annule !
Dictature de la pensée, ivresse du pouvoir, climatoscepticisme ou encore utilisation des réseaux sociaux… Tous ces sujets d’actualité sont abordés sous un angle volontairement caricatural. Mais à force de pousser les curseurs toujours plus loin, Iñárritu finit parfois par manquer sa cible. Le monde réel est devenu tellement grotesque que les outrances du film peinent parfois à nous surprendre ou même à nous indigner.
Le film se voulant subversif tombe ainsi un peu à plat lors de certaines séquences.
Heureusement, on a tout de même droit à une réalisation impeccable et à quelques séquences savoureuses, notamment lors de la déclaration de Digger à l’ONU. Mais l’exécution est malheureusement parfois trop appuyée pour que l’on ressente véritablement quelque chose, ou que l’on s’indigne confortablement installé dans son siège.
Et c’est d’autant plus dommage qu’ Iñárritu semblait partir avec une véritable vision de ce que pourrait devenir l’certainement dans une centaine d’années. Les toutes dernières minutes du film, notamment son générique, laissent entrevoir ce qu’aurait pu être une œuvre encore plus maîtrisée et ambitieuse à partir de cet univers pourtant prometteur.
Un film qui se perd donc un peu en chemin… tout comme son public, qui n’y a clairement pas trouvé son compte. Et cela s’est évidemment ressenti au box-office !
Avec seulement 46,5 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de production estimé entre 160 et 180 millions de dollars, Digger s’impose déjà comme l’un des plus gros naufrages commerciaux de l’année et une véritable catastrophe industrielle pour Warner Bros…mais aussi pour Tom Cruise.
Face à ce box-office catastrophique, l’acteur a récemment déclaré :
Je ne fais pas des films en fonction de combien il pourrait rapporté au box-office, mais dans une démarche artistique !
Variety 25.09.2026
Jolie pirouette pour éluder la question ! Mais il n’en reste pas moins que Digger représente l’un des plus gros échecs de la carrière de l’acteur, lui qui a pourtant sauvé à plusieurs reprises le box-office du marasme. On se souvient notamment de Top Gun: Maverick, sorti en pleine reprise des salles de cinéma après la pandémie de Covid, et qui avait alors réalisé un véritable carton mondial.
C’est donc légèrement amer que l’acteur fait désormais bonne figure face à cet échec. Mais si l’on analyse purement et simplement les raisons de ce revers, celui-ci reflète aussi les attentes d’un public parfaitement conscient de vivre dans un monde qui ressemble parfois dangereusement à celui dépeint dans Digger.
Peut-être fallait-il justement aborder ce récit autrement qu’à travers un film méta, une satire poussée à l’extrême qui finit par perdre une partie de son propos. Car lorsque la réalité dépasse déjà la fiction, encore faut-il trouver le bon angle pour réussir à la raconter !
Pendant que Digger s’enfonce doucement dans les profondeurs du box-office, Spider-Man joue clairement dans une autre catégorie.
Mais il serait un peu facile de résumer l’année cinéma à ces deux seuls cas.
D’autres productions ont largement tiré leur épingle du jeu, certaines franchissant même le fameux cap du milliard de dollars, tandis que des films comme Obsession ou L’Odyssée ont également réussi à créer leur propre événement.
Finalement, cette année nous rappelle surtout une chose : le public n’a pas déserté les salles, loin de là !
Il continue simplement de faire ses choix, parfois avec enthousiasme, parfois beaucoup moins.
Entre les succès stratosphériques, les belles surprises et les véritables naufrages industriels, le box-office joue aux montagnes russes.
Et si Spider-Man semble avoir trouvé la bonne toile pour attirer les spectateurs, Digger aura au moins réussi une chose : rappeler qu’à Hollywood, même avec Tom Cruise aux commandes, rien n’est jamais gagné d’avance !
