Après avoir découvert tout récemment les trois premiers volets de Once Upon a Time in China,
j’ai eu envie de revenir sur cette saga emblématique en la mettant en parallèle avec une autre grande série du cinéma d’arts martiaux : celle d’Ip Man.
Deux monuments du genre, à la fois cousines et radicalement différentes.
Ces sagas ont marqué l’histoire du cinéma asiatique, chacune à sa manière, en traçant la voie et en marquant d’une empreinte indélébile l’art de filmer les arts martiaux.
Il ne s’agit pas ici de les comparer frontalement, ce serait à la fois vain et injuste.
Leurs contextes de production sont trop éloignés : plus de 20 ans les séparent, leurs budgets diffèrent considérablement, et leur approche de l’histoire comme des arts martiaux n’est pas la même.
Mais plutôt que de chercher des ressemblances superficielles, explorons plutôt les qualités propres à chaque saga, leur place dans l’histoire du cinéma, et leur impact sur le genre des films d’arts martiaux en Asie et à l’international.
La pureté héroïque
1. Once upon a time in china : Explosivité artistique et martial !
Jet Li, aujourd’hui âgé de 65 ans et malheureusement en proie à de sérieux problèmes de santé,
reste l’un des plus grands ( certains diront le plus grand ) performer en kung-fu traditionnel.
Sa maîtrise technique, alliée à une vitesse d’exécution spectaculaire, a marqué toute une génération.
Avec ses chorégraphies millimétrées, ses cascades câblées spectaculaires, et une mise en scène inventive signée Tsui Hark, Once Upon a Time in China représente ce que le cinéma d’arts martiaux hongkongais des années 90 a produit de plus flamboyant.
C’est un mélange explosif de tradition, d’action pure et de fierté culturelle.

En découvrant Once Upon a Time in China pour la première fois, j’ai été surpris par la dimension presque romanesque et parfois même touchante, de cette histoire.
On suit un guerrier qui traverse les époques, pris dans une Chine en pleine mutation, entre traditions et industrialisation. Au fil des trois premiers volets, il affronte différents adversaires, chacun symbolisant un défi de son temps.
Dès les premières scènes, la patte de Tsui Hark se fait sentir. Sa mise en scène, à la fois grandiose et poétique, donne une vraie ampleur au récit.
Porté par une musique envoûtante et désormais culte, le film réunit tout ce que j’imaginais du grand cinéma hongkongais de l’époque : des combats chorégraphiés à la perfection, une esthétique marquée, et un vrai sens du symbole.
2. Ip Man : La légende en marche !
Apparue dans les années 2010, la saga Ip Man se présente avec plus de sobriété. Moins tape-à-l’œil, moins spectaculaire en apparence, elle n’en est pas moins impressionnante dans ses scènes de combat.
Donnie Yen, dans le rôle du légendaire maître de Wing Chun, relève le flambeau à une époque où le genre semblait s’éteindre.

Avec Ip Man, on sent tout de suite un changement de ton par rapport aux grandes fresques traditionnelles. L’approche est plus intérieure, presque minimaliste, et la mise en scène plus épurée. Le film modernise le genre en mettant en lumière le Wing Chun, un style encore peu représenté à l’écran jusque-là, tout en racontant une histoire centrée sur la transmission, l’honneur et la résilience, dans un contexte historique tendu, marqué par l’invasion japonaise puis les tensions sino-occidentales.
Là où Once Upon a Time in China reste ancré dans un kung-fu pur, codifié, quasi mythologique, Ip Man s’ouvre progressivement à des affrontements plus hybrides. À partir des volets suivants, on voit apparaître des adversaires venus d’autres horizons, comme Mike Tyson ou Scott Adkins, figures du cinéma d’action occidental. Ces confrontations, parfois très spectaculaires, traduisent aussi un changement d’époque : le kung-fu devient un langage universel, confronté à d’autres styles, dans une Chine désormais tournée vers le monde.
Same same…but different !
Wong Fei-Hung ( Jet Li ) et Ip Man (Donnie Yen) ont tous deux existé bien sur, mais dans les deux sagas ils deviennent des symboles plus grands que nature, des modèles de résistance, d’intégrité, de sagesse, et de transmission.
Deux Maitres qui enseignent le Kung-Fu mais surtout des valeurs !
Si Ip Man et Once Upon a Time in China ne sont pas à proprement parler comparables, ils partagent pourtant des bases communes : le respect des traditions, un contexte politique fort, la figure du maître en tant que repère moral, et la lutte d’un homme intègre face à un monde en mutation.
Dans les deux cas, la Chine est en transition, déchirée entre son passé culturel et les pressions extérieures qu’elles soient militaires, économiques ou culturelles.
Deux sagas qui se retrouvent aussi naturellement sur la puissance des chorégraphies de combats avec d’un coté la légende Yuen Woo-Ping dans Once upon an time in china et de l’autre coté Sammo Hung et Donnie Yen dans Ip Man.
Avec une telle fluidité dans les mouvements le combat devient langage et délivre avec puissance et émotion, un art visuel au frontière de la philosophie.
Ce qui différencie les deux sagas réside principalement dans le traitement du personnage principal avec un ton très lyrique, voir épique dans Once Upon a Time in China, ou Jet Li est filmé comme un héros légendaire presque stoïque.
Alors que du coté d’Ip Man on est résolument sur un ton plus réaliste, plus intime avec un Donnie Yen qui incarne un personnage humble, souvent dans la retenue, mais traversé par des épreuves personnelles.
Le contraste entre la flamboyance visuelle de Tsui Hark et la sobriété réaliste de Wilson Yip montre que le cinéma d’arts martiaux évolue sans jamais perdre son essence : la discipline et la passion.
Cette énergie se retrouve aujourd’hui dans le cinéma indonésien avec The Raid et The Night Comes for Us, où Iko Uwais réinvente les combats avec une intensité brute, héritier moderne des grands maîtres comme Donnie Yen ou Jet Li.
Deux artistes, deux époques, deux visions.
Once Upon a Time in China et Ip Man célèbrent à leur façon l’histoire et l’esprit du kung-fu, un héritage vivant transmis à travers le cinéma.

cousines mais si éloignées 😆
tu penche de quel coté ?? 😄